Aussi longtemps que je m'en souvienne, j'ai toujours eu profondément envie de comprendre l'expérience humaine...
Pour me comprendre moi-même, bien sûr, mais aussi pour comprendre les autres. Le vécu, les émotions, les sensibilités, les aspirations, les peurs, les souffrances...
Pourtant, durant mes études en psychologie à l'Université de Lausanne, une petite pointe d'insatisfaction persistait en moi : il manquait quelque chose à mon tableau. Quoi exactement ? Je ne le savais pas.
Après l’obtention de mon Master, je me suis dirigée vers le milieu scolaire où j'ai travaillé durant 6 ans auprès d’enfants, d’adolescents et de familles en difficulté. On m'avait dit, assez rapidement : "tu verras, la majeure partie de ton travail sera la pose de diagnostics, surtout celui de TDAH..." Au même moment, les réseaux sociaux faisaient exploser l'idée problématique selon laquelle le TDAH serait "une mode" ou encore que "tout le monde serait un peu TDAH". Et en pratique, les demandes de bilan TDAH coulaient à flots.
Et là, la petite pointe d'insatisfaction a fait son grand retour. Quelque chose me manquait, à nouveau. A force de voir défiler les familles à la recherche d'un "ticket-pass TDAH", je découvrais à quel point ce trouble était mal compris : par moi, en premier lieu, mais aussi par les enseignant.e.s, souvent à l'origine de la demande, et bien sûr par les parents eux-mêmes qui ne savaient pas trop où mènerait ce tant attendu (ou redouté) diagnostic.
Alors une fois de plus, j'ai eu besoin de comprendre. Au fil des formations, des évaluations et des suivis, j’ai découvert la complexité du TDAH, sa nature multifactorielle et les nombreuses formes qu’il peut prendre selon les personnes. Mon objectif s'est alors progressivement déplacé du diagnostic simple vers la volonté d'informer, de démystifier, d'accompagner et de conseiller les familles que je rencontrais quotidiennement.
Bien sûr, cela a ouvert tout un monde... En plus d'être une réalité neurologique, je découvrais également à quel point le TDAH et ses symptômes visibles n'étaient, pour la plupart des individus et des familles, que la pointe d'un immense iceberg.
Cette expérience m’a amenée à une réflexion qui guide ma pratique d'aujourd'hui : il ne suffit pas de s'intéresser aux symptômes visibles d’une personne sans chercher à comprendre l’ensemble des facteurs qui influencent son équilibre. Le fonctionnement psychique ne peut être pleinement compris sans tenir compte du corps, de l’environnement et de l’histoire de vie.
Forcément, cette conviction m’a conduite à approfondir mes connaissances sur le TDAH, chez l’enfant comme chez l’adulte, et m'a amenée à m’intéresser plus particulièrement aux spécificités hormonales et neurobiologiques féminines. J’ai progressivement compris que ces différences s’inscrivent dans une interaction complexe entre les particularités neurobiologiques et hormonales, mais aussi les attentes et les constructions sociales, les rôles de genre et l’environnement dans lequel les femmes évoluent.
En 2025, c'est à mon tour de faire face à des défis de santé. Après plusieurs mois d'errance médicale, deux diagnostics sont venus éclairer une partie de mon histoire : l’endométriose et... le TDAH ! Deux affections que tout semble opposer et pourtant...
Au fil des recherches, des lectures et des échanges avec différents professionnels, ma compréhension du TDAH chez la femme a pris une nouvelle tournure lorsque j'ai découvert à quel point les interactions entre santé hormonale, fonctionnement neuropsychologique et santé mentale restaient encore largement inexplorées, alors même qu’elles occupent une place centrale dans le vécu de nombreuses femmes.
J’ai alors décidé de me former en nutrition et en santé de la femme à l’école TCMA, afin d'affiner davantage ma compréhension des liens entre neurodivergences, fonctionnement hormonal, alimentation et environnement de vie. Aujourd'hui encore, je continue à me former sans cesse sur ces questions.
Lorsque je regarde mon parcours, je comprends maintenant ce qui manquait à mon tableau : de la mise en lien.
Un regard intégratif. Une prise en compte globale. Enrichir mon approche psychologique d'un regard transversal. Le psychisme, le corps, l'histoire de vie... Le tout inscrit dans un environnement qui nous influence autant que nous l'influençons.
En y repensant, je crois que Holona est né bien avant que je lui donne un nom. C'est l'aboutissement d'une manière de regarder le monde, avec l'envie constante de comprendre, de relier et de donner du sens. C'est ce regard que j'espère aujourd'hui pouvoir mettre au service des personnes que j'accompagne : une psychologie enrichie par une lecture intégrative du fonctionnement humain.
Il me tarde de vous rencontrer... À très bientôt !